RSE pour les ESN : un levier stratégique en 2026 et au-delà

La RSE pour les ESN et les sociétés de conseil n’est ni une tendance passagère ni un simple argument marketing. C’est un levier stratégique structurant, appelé à redéfinir durablement les modèles économiques, les critères de sélection dans les appels d’offres et la compétitivité des acteurs du numérique.

En 2025, certains ont cru à un ralentissement. En réalité, nous assistons plutôt à une phase de consolidation. Les entreprises ont temporairement priorisé la réduction des coûts, l’optimisation opérationnelle et la performance commerciale immédiate. Mais derrière cette prudence conjoncturelle, les exigences RSE continuent de se structurer, notamment dans les référencements grands comptes et les marchés publics.

Pour les ESN et cabinets de conseil, la question n’est donc plus seulement : faut-il investir sur la RSE ?
La vraie question est désormais comment en faire un avantage compétitif durable ?

RSE pour les ESN : un contexte 2025 marqué par le recentrage stratégique

En 2025, le climat économique international a profondément influencé les priorités des entreprises. Inflation persistante, incertitudes géopolitiques, tensions budgétaires : les directions générales ont recentré leurs investissements sur des enjeux court terme.

Une priorité donnée à la performance immédiate

Dans ce contexte, de nombreuses organisations ont privilégié :

  • La réduction des coûts opérationnels
  • L’optimisation de la relation client
  • L’amélioration de la rentabilité
  • La sécurisation des revenus

Les projets RSE, perçus parfois comme moins urgents, ont pu être temporairement relégués au second plan. Pourtant, cela ne signifie pas un désengagement structurel.

Un ralentissement conjoncturel ne remet pas en cause une transformation de fond.

Selon l’INSEE (2024), plus de 70 % des grandes entreprises françaises déclarent intégrer des critères environnementaux et sociaux dans leur stratégie long terme. Cette orientation stratégique reste bien ancrée, même si les rythmes d’investissement fluctuent.

Assouplissement réglementaire et pression internationale

L’environnement réglementaire européen a également connu des ajustements. La directive Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) a fait l’objet d’aménagements dans son calendrier et certaines modalités d’application, ce qui a pu donner le sentiment d’un relâchement.

Aux États-Unis, la dynamique réglementaire sur les sujets ESG a également connu des inflexions, réduisant temporairement la pression internationale.

Mais attention : ces ajustements ne signifient pas un abandon. Les trajectoires climatiques, fixées notamment par l’Union européenne et rappelées dans les engagements de l’Accord de Paris, restent structurantes.

Des critères RSE de plus en plus structurants dans les appels d’offres

Si la visibilité médiatique de la RSE a parfois diminué, sa formalisation dans les processus d’achat, elle, n’a jamais été aussi forte.

Une montée en puissance dans les référencements grands comptes

Les grandes entreprises et les entités publiques continuent d’intégrer des critères RSE dans leurs appels d’offres, avec :

  • Des exigences de bilan carbone
  • Des indicateurs d’intensité carbone
  • Des engagements formalisés en matière de diversité et d’inclusion
  • Des certifications et labellisations
  • Des plans de transition environnementale

Dans certains cas, les critères RSE représentent désormais 20 à 30 % de la note finale dans les consultations stratégiques.

Observation terrain : ce ne sont plus seulement des déclarations d’intention qui sont attendues, mais des indicateurs mesurables et audités.

La pression indirecte de la CSRD sur les ESN

Même lorsqu’une ESN n’est pas directement soumise à la CSRD, elle est impactée indirectement. Pourquoi ? Parce que ses clients, eux, doivent publier des données extra-financières détaillées.

Ces entreprises doivent mesurer :

  • Les émissions de leurs fournisseurs (scope 3)
  • La robustesse des politiques RSE de leur écosystème
  • Les risques ESG dans leur chaîne de valeur

Ainsi, une ESN qui ne structure pas sa RSE risque :

  • D’être exclue de certains panels fournisseurs
  • De voir son intensité carbone devenir un frein commercial
  • De perdre des opportunités stratégiques

La RSE pour les ESN devient donc un pré-requis d’accès au marché, bien au-delà d’un simple positionnement différenciant.

Intensité carbone et performance environnementale : des indicateurs décisifs

Dans les années à venir, un indicateur deviendra particulièrement stratégique pour les ESN : l’intensité carbone par collaborateur ou par chiffre d’affaires.

Pourquoi l’intensité carbone va devenir un critère d’allocation budgétaire

Les clients devront arbitrer leurs projets en fonction de leur propre trajectoire de décarbonation. Ils regarderont :

  • L’empreinte carbone des prestations
  • La consommation énergétique liée aux infrastructures cloud
  • L’impact des déplacements
  • La politique numérique responsable de leurs prestataires

Selon l’ADEME (2023), le numérique représente environ 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, avec une croissance continue si aucune action n’est engagée.

Une ESN à forte intensité carbone pourrait devenir un facteur de risque pour ses clients.

Intégrer la RSE dans les services, ce n’est donc pas uniquement réduire son empreinte interne, mais aussi concevoir des prestations à impact maîtrisé.

Du pilotage carbone à la transformation des services

Cela implique :

  • L’optimisation des architectures IT
  • La réduction des environnements surdimensionnés
  • Le recours à des pratiques de numérique responsable
  • La sobriété dans les cycles de développement

La RSE pour les ESN devient ainsi un moteur d’innovation méthodologique.

RSE et transformation des offres : un moteur d’innovation

La transition écologique ne crée pas uniquement des contraintes. Elle génère aussi de nouvelles opportunités de marché.

La data au service du pilotage environnemental

Les entreprises ont besoin de :

  • Mesurer leur empreinte carbone
  • Suivre leurs indicateurs ESG
  • Simuler des scénarios de transition
  • Optimiser leurs décisions d’investissement

Les ESN et cabinets de conseil peuvent développer des offres autour de :

  • Plateformes de pilotage ESG
  • Outils de reporting automatisé
  • Solutions d’analyse prédictive climatique
  • Tableaux de bord d’impact environnemental

Selon Eurostat (2023), les investissements liés à la transition écologique en Europe connaissent une croissance annuelle supérieure à 8 %. Le besoin d’outils numériques associés est conséquent.

La RSE pour les ESN devient ainsi un vecteur de diversification d’offres.

Numérique responsable et innovation sobre : vers un nouveau standard

L’innovation technologique ne pourra plus être dissociée de son impact environnemental.

L’essor du numérique responsable

Le concept de numérique responsable repose sur trois piliers :

  1. Réduction de l’empreinte environnementale
  2. Accessibilité et inclusion
  3. Éthique des usages

Les entreprises attendent désormais :

  • Des architectures plus sobres
  • Une rationalisation des infrastructures
  • Des pratiques de développement éco-conçues
  • Une maîtrise de la dette technique

Selon l’ONU (2022), la transformation numérique durable est identifiée comme un levier clé pour atteindre les Objectifs de Développement Durable (ODD).

La sobriété devient un marqueur d’excellence technique, pas une contrainte.

Vers une transformation des business models

À moyen terme, la RSE pour les ESN impactera également :

  • Les modèles de facturation (incitations à la performance durable)
  • Les offres packagées bas carbone
  • Les partenariats technologiques responsables
  • Les choix d’hébergement et de cloud

Les entreprises capables d’intégrer ces dimensions dans leur proposition de valeur prendront une avance stratégique.

RSE pour les ESN : un avantage compétitif durable

La RSE pour les ESN ne doit pas être envisagée comme un centre de coûts, mais comme un investissement stratégique.

Différenciation et attractivité

Une politique RSE crédible permet :

  • D’améliorer l’image de marque
  • D’attirer des talents sensibles aux enjeux environnementaux
  • De renforcer la fidélisation des collaborateurs
  • De sécuriser les relations grands comptes

Les nouvelles générations accordent une importance majeure à l’engagement environnemental de leur employeur. Ignorer cette dimension serait un pari risqué.

Anticiper plutôt que subir

Les bouleversements climatiques vont s’intensifier. Les contraintes réglementaires reviendront, probablement renforcées. Les exigences clients continueront de se structurer.

Attendre serait une stratégie défensive.
Anticiper est une stratégie gagnante.

La RSE pour les ESN est un levier d’anticipation, d’innovation et de croissance.

En résumé, la RSE est bien plus qu’une tendance

Oui, 2025 a été une année de prudence. Oui, certains investissements ont été différés. Mais la trajectoire de fond ne change pas.

La RSE pour les ESN s’impose comme :

  • Un critère d’accès au marché
  • Un facteur de compétitivité
  • Un moteur d’innovation
  • Un accélérateur de transformation

Les entreprises qui sauront intégrer pleinement l’impact environnemental dans leurs services, mesurer leur intensité carbone et développer des offres responsables ne feront pas que répondre aux exigences du marché.

Elles façonneront le marché de demain.

Et dans un secteur aussi compétitif que le numérique et le conseil, ce n’est pas un détail… C’est une décision stratégique !